PRESENTATION DU PARC NATIONAL DE LA SALONGO

I. INTRODUCTION

Le Parc National de la Salonga ( PNS ) compte parmi les 7 parcs nationaux de la République Démocratique du Congo ( RDC ). Les aires protégées en RDC sont gérées par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature ( ICCN ). C’est une entreprise paraétatique à caractère technique et scientifique. Les aires protégées en République Démocratique du Congo comprend les parcs nationaux et les Réserves et Domaines de chasse.

Ce qui différencie les parcs nationaux des domaines de chasse, la loi est souple dans les domaines de chasse et rigoureuse dans les parcs nationaux. En outre, on ne tolère pas la présence humaine dans les parcs nationaux tandis qu’on retrouve les villages qui ont existé avant la création des domaines avec toutes leurs populations dans les domaines de chasse. L’implantation des nouveaux villages n’est pas acceptée dans les Réserves et Domaines de chasse. Ces populations sont autorisées d’exercer des activités dans les domaines de chasse pour leur subsistance mais sous le contrôle de l’ICCN. Les parcs nationaux sont créés par Ordonnance présidentielle tandis que les domaines de chasse font l’objet des Arrêtés ministériels.

Il existe une centaine de Réserves et Domaines de chasse dont 30 sont sous la gestion de l’ICCN parmi lesquels 15 sont opérationnels. Le reste se trouve sous la supervision du Ministère de l’Environnement .

L’ICCN est placé sous la double tutelle des Ministères de l’Environnement et celui des Finances. Il a pour objectifs : la conservation de la faune et de la flore dans les aires protégées et réserves apparentées, la recherche scientifique, la promotion du tourisme, la capture et domestication de la faune. Cette Institution émarge du budget annexe de l’Etat et fonctionne grâce aux subsides de l’Etat, dons, legs, recettes générées, partenariat…

Deux supports légaux à savoir l’Ordonnance- loi n° 69- 041 du 22 août 1969 relative à la conservation de la nature et la loi 82- 002 du 28 mai 1982 portant réglementation de la chasse permettent à l’ICCN d’accomplir sa mission.

II. Historique

Le Parc National de la Salonga a été créé par Ordonnance présidentielle n° 70- 318 du 30 novembre 1970 pour la protection de l’immense étendue de forêts tropicales humides et pour la conservation de la faune et de la flore. C’est un parc qui regorge une diversité biologique très importante avec des endémismes, Pan paniscus ou chimpanzé nain communément appelé Bonobo et (Afropavo congoensis) ou Paon congolais.

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Il est divisé en deux blocs, le bloc nord et le bloc sud . Ce parc a une superficie de 36.000 Km2 Le PNS se trouve à cheval entre 4 provinces : La province de l’Equateur où est concentrée la grande partie de la réserve, la province de Bandundu et les deux Kasaï ( Oriental et Occidental ).

Pour raison d’efficacité dans la gestion, les autorités de l’ICCN ont découpé le parc en 6 stations dont 4 au nord et 2 au sud. Il s’agit des stations de Mondjoku , Monkoto, Watsi- Kengo et Yokelelu au nord et les stations de Anga et Mundja au sud. C’est depuis 1984 que la Salonga a été retenue sur la liste des sites du Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

A la création de ce parc, le législateur n’avait pas tenu compte des intérêts des populations vivant autour de cette aire protégée. D’où, les gestionnaires de ce parc éprouvent actuellement d’énormes difficultés dans la gestion. Les populations évacuées dans le parc réclament l’indemnisation de leurs biens abandonnés dans la réserve lors de l’évacuation et le rachat des terres de leurs ancêtres.

Etant donné qu’en RDC, la loi foncière stipule que le sol et sous- sol appartiennent à l’Etat et que les terres domanialisées ne peuvent être ni cédées ni concédées, ces populations sont abandonnées à leur triste sort.

III. Activités illégales

Les populations périphériques du Parc National de la Salonga n’ayant pas trouvé satisfaction à leurs desiderata sont hostiles à l’existence du parc et rentrent dans la réserve où elles exercent toute sorte d’activités (pêche, chasse, agriculture, exploitation forestière, occupation de terres … Il existe aussi à la Salonga un braconnage latent perpétré par la population locale et souvent par les hommes en uniforme. Ce qui constitue un danger imminent pour le parc. Malgré toutes ces activités, le niveau de vie des populations reste toujours très bas.

IV. Gestion du parc

Depuis la création à ce jour, l’ICCN gère seul cette réserve. Le Gouvernement mettait dans le temps à la disposition de cette institution tous les moyens possibles pouvant lui permettre d’accomplir la mission lui assignée. A titre d’exemples, les garde parcs étaient régulièrement payés, bien équipés…Cela jusqu’en 1990.

Pendant tout ce temps, la Salonga n’a jamais été aménagée. Aucune station n’est construite. Cette aire protégée est longtemps restée oubliée par la communauté internationale suite aux difficultés d’accès au site. Néanmoins, la salonga a des limites naturelles qui sont des cours d’eaux navigables. Il est vrai qu’il faut disposer des gros moyens financiers pour organiser une descente à la Salonga.

Le parc compte plus ou moins 150 gardes répartis dans 6 stations avec une moyenne de 20 gardes par station. Parmi ceux-ci, la majorité est vieillissante. Les gardes demeurent impayés pendant de longues périodes, le salaire est devenu modique, ils ne sont plus équipés… Les quelques armes (Carabine, Mauser 52) qui restaient ont été emportées lors de la guerre de la libération en 1997.

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Les gardes dépourvus d’armes assurent la surveillance de la réserve. Les patrouilles à la Salonga sont pédestres et quelquefois riveraines à bord des petites pirogues pouvant contenir 2 à 3 gardes. Les armes que disposent les stations de la Salonga en moyenne 7 par station, sont les fruits des efforts couronnés de nos vaillants gardes.

Le responsable du parc est le représentant de Madame l’Administrateur Délégué Général qui engage l’ICCN. La Direction Générale située à Kinshasa autorise le gestionnaire du parc a utilisé 60 % de recettes générées et a rétrocédé 40 % à la Direction Générale. Les recettes à la Salonga proviennent des amendes transactionnelles, des taxes de passage d’eau, des autorisations de pêche artisanale dans la réserve…

V. Sauvegarde du parc

Décembre 1997, La Société Zoologique de Milwaukee (ZSM), une Organisation Non Gouvernementale américaine a effectué des prospections à la Salonga. Avec la guerre de la libération, les travaux ont été suspendus.

Juin 2000, en pleine guerre d’agression, une deuxième expédition a été organisée avec mission précise évaluation biologique, technique et socio- économique à la Salonga. Au cours de cette deuxième mission, ZSM avait payé la prime de motivation aux garde parcs de deux stations du secteur nord de la Salonga.

Juin 2001, les garde parcs du secteur nord de la Salonga ont bénéficié pour la première fois la prime de motivation du projet UNF / UNESCO / RDC. Ce paiement a été effectif grâce au concours de ZSM. Pendant ce temps, la partie sud du parc était occupée par la faction rebelle du Rassemblement Congolais pour la Démocratie ( Rcd Goma ). Cette prime de motivation a redonné espoir aux garde parcs. Cependant, le projet UNF / UNESCO / RDC n’avait pas prévu le paiement des cadres à la conception du projet. Les cadres devraient être payés par les partenaires oeuvrant dans le site. La Salonga dépourvue de partenaires à cette période, ses cadres continuent à être payés dans l’enveloppe prévue pour le paiement de la prime des gardes.

La Société Zoologique de Milwaukee continue des recherches dans la partie nord de la Salonga. Celle-ci s’occupe du recensement des Bonobos, du Monitoring des autres grands mammifères et de l’appui à la lutte anti- braconnage. Elle a déjà réussi à équiper deux stations de la Salonga en moteurs hors-bord, à organiser une formation militaire de 60 garde parcs.

ZSM et le projet UNF / UNESCO / RDC ont attiré plusieurs d’autres partenaires à la Salonga : dans le sud, on trouve Max Planck Institute ( MPI ) qui travaille sur la génétique des Bonobos , Lukuru Wild life Research Project ( LWRP ) avec les populations autour du parc, Wildlife Conservation Society ( WCS ) avec les deux programmes Mike et Conservation Communautaire.

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Avec la Conservation des Ecosystèmes forestiers du Bassin du Congo ( CBFC ), bientôt World Wildlife Fund ( WWF ) sera à la Salonga. Il y a aussi l’Union Européenne ( UE ) qui dans le jour avenir pourra rejoindre les autres partenaires.

L’équipe Mike / WCS se trouve pour le moment sur terrain pour des inventaires biologiques. L’activité Bio- Monitoring retenue par l’UNESCO n’a jamais commencé à la Salonga. Nous espérons bien les résultats de travaux Mike pourront constituer des bases de données pour le démarrage de cette activité.

Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo contrôle l’entièreté du parc. Les garde parcs sont payés bien qu’en retard et au regard de la modicité des salaires par l’Etat. Le ministère de tutelle technique et la Direction Générale interviennent auprès des autorités du pays une fois informés à temps d’une situation quelconque qui prévaut dans le site . Ce qui fait défaut, le site ne dispose pas de moyens de communications modernes.

L’UNESCO venait de doter des phonies plus annexes aux 4 stations du PNS.

VI. Relation Parc- Population

Comme indiqué ci haut, les populations riveraines du parc sont très hostiles à l’existence du parc. Toutefois, les responsables du parc entretiennent des bonnes relations avec les autorités locales. Les populations traitent les garde parcs de méchants. Cette population collabore avec les braconniers. Car ces derniers s’approvisionnent auprès d’elle.

Avec la nouvelle politique de gestion de l’ICCN, celle de la gestion participative où il cherche à impliquer les communautés locales dans la gestion durable des ressources naturelles, WCS venait de signer un contrat avec l’UNESCO pour démarrer les activités de Conservation Communautaire à la Salonga. Une formation des enquêteurs et de recenseurs avait déjà eu lieu ; et les équipes sont sur terrain pour une étude socio- économique détaillée des populations au sud du parc.

A l’issue de cette étude, l’ICCN saura les besoins réels de ces populations et pourra éventuellement ensemble avec cette population élaborer les micro- projets de développement en leur faveur.

VII. Souhaits

Pour désenclaver le Parc National de la Salonga, il est indispensable de doter ce site des moyens de communication et de locomotion adéquats.

Quand à la sauvegarde de la réserve, il est impérieux de sensibiliser les décideurs à payer conséquemment les garde parcs et de les équiper avec les matériels d’ordonnancement appropriés.

Que les partenaires de l’ICCN oeuvrant à la Salonga puissent l’aider pour aménager ce site.